Assurance dommages-ouvrage : pourquoi elle est indispensable
L’assurance dommages ouvrage est souvent perçue comme une ligne de plus dans le budget. C’est pourtant elle qui vous permettra, en cas de désordre grave après la réception, d’obtenir le financement des réparations rapidement, sans attendre qu’un tribunal établisse les responsabilités. Obligatoire pour le maître d’ouvrage, elle est en CCMI généralement souscrite par l’intermédiaire du constructeur. Voici ce qu’elle couvre et comment vérifier qu’elle existe.
Assurance
Prévue par l’article L242-1 du Code des assurances, l’assurance dommages ouvrage garantit le paiement des travaux de réparation des dommages de nature décennale, en dehors de toute recherche de responsabilité. Elle est obligatoire pour le maître d’ouvrage. En CCMI, le contrat doit en mentionner la référence. Elle couvre en principe dix ans à compter de la réception, et l’assureur doit respecter des délais précis : 60 jours pour prendre position sur la garantie, 90 jours pour présenter une offre d’indemnité.
Ce guide présente le mécanisme légal. Les conditions précises de votre contrat d’assurance, notamment les exclusions et plafonds, sont à lire dans les documents remis par l’assureur.
Préfinancer les réparations
Lorsqu’un désordre grave apparaît après la réception, comme une fissure structurelle ou une infiltration rendant une pièce inhabitable, la garantie décennale des constructeurs s’applique. Mais l’obtenir peut prendre du temps : il faut identifier le responsable, mettre en cause son assureur, parfois passer par une expertise judiciaire. Pendant ce temps, la maison continue de se dégrader.
L’assurance dommages ouvrage court circuite cette étape. Vous déclarez le sinistre à votre assureur, qui finance les réparations dans des délais encadrés, puis se retourne lui même contre les constructeurs responsables et leurs assureurs. C’est une assurance de préfinancement, qui protège le maître d’ouvrage contre la lenteur des recours. Notre article sur la garantie décennale explique l’articulation entre les deux.
Qui doit la souscrire
L’obligation pèse sur le maître d’ouvrage, c’est à dire vous, avant l’ouverture du chantier. En CCMI, le constructeur se charge généralement de la souscription pour votre compte, et le contrat doit mentionner la référence de l’assurance dommages ouvrage. Son obtention fait partie des conditions suspensives du contrat.
Vérifiez que vous recevez une attestation à votre nom, avec l’adresse de la construction et les coordonnées de l’assureur. Conservez la avec le contrat : vous en aurez besoin pour déclarer un sinistre, et elle sera demandée par le notaire si vous revendez la maison dans les dix ans. Notre article sur les mentions obligatoires du CCMI rappelle cette exigence.
Les dommages de nature décennale
L’assurance dommages ouvrage couvre les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui, l’affectant dans l’un de ses éléments constitutifs ou d’équipement indissociables, le rendent impropre à sa destination. Ce sont les mêmes dommages que ceux relevant de la garantie décennale : fissures structurelles, affaissement de plancher, infiltrations importantes, défaut d’étanchéité de la toiture, défaut grave d’isolation ou de chauffage rendant la maison inhabitable.
Elle ne couvre pas les défauts purement esthétiques, les désordres relevant de la garantie biennale des équipements dissociables, ni les dommages liés à un défaut d’entretien ou à une cause extérieure. Notre article sur les fissures sur une maison neuve aide à apprécier la gravité d’un désordre.

Dix ans, et parfois avant la réception
La garantie dommages ouvrage court en principe pendant dix ans à compter de la réception. Pendant la première année, qui correspond à la garantie de parfait achèvement, elle peut intervenir lorsque l’entreprise mise en demeure n’a pas exécuté ses obligations.
Elle peut aussi intervenir avant la réception, lorsque le contrat conclu avec l’entrepreneur est résilié pour inexécution, après mise en demeure restée infructueuse. En CCMI, cette situation est toutefois couverte en premier lieu par la garantie de livraison. Notre article sur la garantie de livraison détaille ce mécanisme.
Ce que l’assureur doit respecter
Après une déclaration de sinistre complète, l’assureur dispose de 60 jours pour vous notifier sa décision sur le principe de la garantie, au vu du rapport d’un expert qu’il désigne. S’il accepte, il doit présenter une offre d’indemnité dans un délai de 90 jours à compter de la déclaration. Ces délais sont fixés par la loi.
Si l’assureur ne respecte pas ces délais, ou si l’offre est manifestement insuffisante, le maître d’ouvrage peut engager les dépenses nécessaires à la réparation, après l’en avoir informé, et l’indemnité est majorée de plein droit d’un intérêt égal au double du taux de l’intérêt légal. Notre article sur la déclaration de sinistre détaille la démarche.
Pour que ces délais courent, la déclaration doit être complète. Elle doit notamment comporter le numéro du contrat d’assurance, le nom du propriétaire, l’adresse de la construction, la date de réception, ainsi que la date d’apparition des dommages et leur description et localisation. Une déclaration incomplète peut être retournée par l’assureur, et le délai ne commence alors qu’à la réception des éléments manquants. Joignez des photos datées et, si vous en disposez, un rapport d’expert décrivant les désordres : ils facilitent l’instruction du dossier.
Les conséquences
Un particulier qui fait construire pour son propre usage n’encourt pas de sanction pénale s’il n’a pas souscrit d’assurance dommages ouvrage. Mais les conséquences pratiques sont lourdes. En cas de sinistre, il devra agir directement contre les constructeurs et leurs assureurs décennaux, avec les délais que cela implique.
En cas de revente dans les dix ans, l’absence d’assurance doit être mentionnée dans l’acte, ce qui peut inquiéter l’acquéreur, peser sur le prix ou engager la responsabilité du vendeur. En CCMI, le fait que la référence de l’assurance figure au contrat et que son obtention soit une condition suspensive limite ce risque, à condition de vérifier l’attestation.

Une ligne du budget à identifier
Le coût de l’assurance dommages ouvrage est généralement inclus dans le prix du CCMI ou indiqué séparément dans le contrat. Vérifiez comment il apparaît et s’il est compris dans le prix convenu. Il s’agit d’une prime unique, payée une fois pour toute la durée de la garantie.
Le contrat d’assurance peut comporter une franchise et des plafonds. Demandez à en connaître les conditions, notamment pour les éléments d’équipement. Lisez aussi les exclusions : certaines concernent des travaux que vous auriez réalisés vous même, d’où l’intérêt de bien identifier les travaux réservés.
Un point de départ décisif
La réception marque le point de départ des garanties légales et de la période de dix ans de l’assurance dommages ouvrage. Les désordres apparents à la réception doivent être réservés : ceux qui ne le sont pas sont réputés acceptés et ne pourront pas, en principe, être pris en charge ensuite. D’où l’importance d’une réception préparée et assistée.
Nos visites de pré réception et de réception vous aident à identifier ces désordres et à les formuler précisément. Le procès verbal de réception, avec ses réserves, devra être joint à toute déclaration de sinistre ultérieure.
Les points à retenir
Assurance obligatoire pour le maître d’ouvrage, souscrite en pratique via le constructeur en CCMI ; référence mentionnée au contrat ; attestation à conserver ; couverture des dommages de nature décennale pendant dix ans à compter de la réception ; délais de 60 et 90 jours pour l’assureur ; déclaration par lettre recommandée avec les pièces utiles.
Des désordres bien décrits dès la réception
Nos experts vous assistent à la réception puis, en cas de désordre, pour constituer un dossier de déclaration solide. Conditions détaillées sur notre page tarifs.
FAQ, l’assurance dommages ouvrage
L’assurance dommages ouvrage est elle obligatoire ?
Oui, pour le maître d’ouvrage, avant l’ouverture du chantier. En CCMI, le contrat doit en mentionner la référence.
Qui souscrit l’assurance en CCMI ?
Le maître d’ouvrage en est tenu. En pratique, le constructeur la souscrit généralement pour son compte.
Que couvre l’assurance dommages ouvrage ?
Les dommages de nature décennale : atteinte à la solidité ou impropriété à la destination.
Combien de temps dure la garantie ?
Dix ans à compter de la réception, avec des cas d’intervention avant la réception ou pendant l’année de parfait achèvement.
Quels délais l’assureur doit il respecter ?
60 jours pour se prononcer sur la garantie, 90 jours pour présenter une offre d’indemnité.
Que se passe t il si l’assureur ne respecte pas les délais ?
Le maître d’ouvrage peut engager les travaux après l’avoir informé, et l’indemnité est majorée.
Et si je n’ai pas d’assurance dommages ouvrage ?
Pas de sanction pénale pour un particulier construisant pour lui même, mais des recours plus longs et des difficultés en cas de revente.
L’assurance couvre t elle les défauts esthétiques ?
Non, seulement les dommages de nature décennale.
Un désordre sur votre maison neuve ?
Faites établir un constat technique : devis immédiat en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Sources
- Code des assurances, article L242-1 (assurance de dommages obligatoire), legifrance.gouv.fr
- Code des assurances, article L243-3 (sanctions), legifrance.gouv.fr
- Code de la construction et de l’habitation, article L231-2 (mentions du CCMI), legifrance.gouv.fr
- Code civil, article 1792 (responsabilité décennale), legifrance.gouv.fr




