Signer son CCMI

CCMI : ce que dit vraiment le contrat de construction de maison individuelle

Signer son CCMI

CCMI : ce que dit vraiment le contrat de construction de maison individuelle

Le contrat de construction de maison individuelle n’est pas un contrat comme les autres : la loi en fixe le contenu, les paiements et les garanties, et sanctionne le constructeur qui s’en écarte. Encore faut-il savoir ce qu’il contient vraiment, ce qu’il ne contient pas, et comment s’en servir de la signature à la remise des clés.

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L’essentiel

Le CCMI est le contrat obligatoire dès qu’un professionnel se charge de construire, pour un particulier, une maison d’un ou deux logements sur le terrain de ce dernier, en fournissant le plan ou en réalisant au moins le gros œuvre, la mise hors d’eau et hors d’air. Encadré par les articles L231-1 et suivants du Code de la construction et de l’habitation, il impose un prix convenu, un délai, un échéancier de paiement plafonné et une garantie de livraison.

Ce guide explique le champ d’application du CCMI, ses protections clés et ses limites. Les mentions obligatoires, la notice descriptive et les travaux réservés font l’objet d’articles dédiés.

Le cadre

Une loi de 1990 pour protéger le particulier qui fait construire

Le CCMI est né de la loi du 19 décembre 1990, entrée en vigueur fin 1991, après une série de faillites de constructeurs qui avaient laissé des familles avec des chantiers inachevés et des acomptes perdus. Son principe est simple : lorsque vous faites construire votre maison par un professionnel, le législateur décide à votre place d’une partie du contenu du contrat. Les clauses obligatoires ne peuvent pas être écartées, et les clauses contraires sont réputées non écrites.

Le CCMI s’applique lorsque trois conditions sont réunies : la construction est destinée à l’habitation, ou à un usage mixte professionnel et habitation ; elle comporte au plus deux logements ; elle est réalisée pour un même maître de l’ouvrage, c’est-à-dire vous. Il existe en deux versions : avec fourniture du plan (articles L231-1 et suivants), la plus courante, où le constructeur conçoit et réalise la maison ; sans fourniture du plan (articles L232-1 et suivants), où vous apportez le plan et confiez à une entreprise au moins le gros œuvre, la mise hors d’eau et hors d’air. Notre article CCMI avec ou sans fourniture de plan détaille les différences.

Un constructeur qui réalise une maison sans conclure le contrat requis s’expose à des sanctions pénales. Pour vous, l’essentiel est ailleurs : si la relation relève du CCMI, toutes ses protections s’appliquent, même si le document signé porte un autre nom.

Les protections

Prix, délai, paiements, garantie : ce que la loi vous garantit

Un prix convenu. Le contrat fixe le prix de la maison et précise le coût des travaux que vous vous réservez. Les révisions sont encadrées : le prix ne peut évoluer que selon les modalités prévues au contrat et dans les limites fixées par les textes. Un supplément non prévu ne peut pas vous être imposé en cours de chantier sans avenant signé. Voir notre article sur les suppléments de prix.

Un délai d’exécution. Le contrat indique la date d’ouverture du chantier et la durée des travaux, avec des pénalités de retard qui ne peuvent être inférieures à un trois-millième du prix par jour de retard. Notre article retard de chantier en explique le fonctionnement.

Un échéancier plafonné. Les paiements suivent l’avancement réel, avec des plafonds cumulés fixés par l’article R231-7 : 15 % à l’ouverture du chantier, 25 % à l’achèvement des fondations, 40 % à l’achèvement des murs, 60 % à la mise hors d’eau, 75 % à l’achèvement des cloisons et mise hors d’air, 95 % à l’achèvement des travaux d’équipement, de plomberie, de menuiserie et de chauffage. Le détail est dans notre guide des appels de fonds.

Une garantie de livraison. Un établissement garant s’engage à ce que la maison soit achevée au prix et dans les délais convenus, même si le constructeur fait défaut. C’est la protection la plus importante du CCMI, présentée dans notre article sur la garantie de livraison.

Avant la signature

Rétractation, conditions suspensives, dépôt de garantie

Une fois le contrat signé, il vous est notifié par lettre recommandée et vous disposez d’un délai de rétractation de dix jours (article L271-1). Le contrat est aussi conclu sous conditions suspensives : acquisition du terrain, obtention du permis de construire, obtention des prêts, de l’assurance dommages-ouvrage et de la garantie de livraison. Tant qu’elles ne sont pas réalisées, le contrat ne produit pas tous ses effets. Nos articles sur le délai de rétractation et les conditions suspensives détaillent ces mécanismes.

À la signature, le constructeur peut demander un dépôt de garantie limité à 3 % du prix, versé sur un compte spécial, ou, s’il dispose d’une garantie de remboursement, des acomptes encadrés par les textes. Aucun autre versement ne peut être exigé avant l’ouverture du chantier. Le sujet est développé dans notre article dépôt de garantie et acompte.

Couple relisant un contrat de construction avec des plans de maison sur une table
Ce que le contrat ne fait pas

Le CCMI ne contrôle pas votre chantier

Le CCMI encadre la relation juridique et financière. Il ne vérifie pas que les fondations sont assez profondes, que les chaînages sont continus, que l’isolant est jointif ou que la chape comporte ses joints de fractionnement. C’est à vous, maître de l’ouvrage, de constater que ce qui est construit correspond à ce qui a été signé, et de le faire au bon moment : avant que chaque ouvrage ne soit recouvert par le suivant.

Le contrat ne remplace pas non plus une lecture attentive de ses annexes. La notice descriptive fixe la nature et la qualité des matériaux et équipements ; un poste absent ou imprécis ouvre la porte à des interprétations. Notre article lire la notice descriptive donne la méthode. Enfin, les travaux que vous vous réservez, comme les raccordements ou les aménagements extérieurs, ne sont pas couverts par le prix ni par la garantie de livraison : ils doivent être chiffrés honnêtement dès le départ. Voir notre article travaux réservés.

C’est pour combler ce vide que nous proposons un suivi de construction par un expert en bâtiment indépendant : des visites aux étapes clés, un rapport photographié à chaque fois, et un conseil pour faire jouer vos droits.

La fin du contrat

Réception, solde et garanties

Le contrat prend fin, pour l’essentiel, avec la réception, l’acte par lequel vous acceptez la maison avec ou sans réserves (article 1792-6 du Code civil). Si vous n’êtes pas assisté par un professionnel habilité ce jour-là, vous disposez de huit jours pour dénoncer par lettre recommandée les vices apparents non signalés (article L231-8). En cas de réserves, le solde de 5 % du prix peut être consigné jusqu’à leur levée.

La réception fait courir les garanties légales : parfait achèvement pendant un an, biennale pendant deux ans pour les équipements dissociables, décennale pendant dix ans pour les dommages graves. Notre guide de la réception de maison et nos articles sur les garanties détaillent chaque étape.

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Votre CCMI, contrôlé sur le terrain

Six visites aux étapes clés, un rapport photographié à chaque fois et un expert indépendant pour vous dire si ce qui est construit correspond à ce que vous avez signé. Conditions détaillées sur notre page tarifs.

Questions fréquentes

FAQ, le contrat de construction de maison individuelle

Le CCMI est-il obligatoire ?

Oui, dès qu’un professionnel construit pour vous une maison d’au plus deux logements sur votre terrain, en fournissant le plan ou en réalisant au moins le gros œuvre, la mise hors d’eau et hors d’air.

Peut-on négocier les clauses d’un CCMI ?

Les clauses obligatoires ne se négocient pas : elles s’imposent. Le prix, le délai, les prestations de la notice et les travaux réservés peuvent en revanche être discutés avant la signature.

Que se passe-t-il si mon constructeur me fait signer un autre type de contrat ?

Si la situation relève du CCMI, ses règles protectrices s’appliquent. En cas de doute, faites relire le document par un professionnel du droit avant de vous engager.

Le prix d’un CCMI peut-il augmenter ?

Seulement selon les modalités de révision prévues au contrat et dans les limites légales, ou par avenant signé si vous modifiez le projet.

Combien de temps dure la garantie de livraison ?

Elle court de l’ouverture du chantier jusqu’à la réception constatée par écrit et, le cas échéant, jusqu’à la levée des réserves.

Le CCMI couvre-t-il les aménagements extérieurs ?

Uniquement s’ils sont compris dans le prix. Les travaux que vous vous réservez restent à votre charge et hors garantie de livraison.

Faut-il un expert pendant le chantier ?

Ce n’est pas obligatoire, mais le CCMI ne prévoit aucun contrôle technique indépendant : un expert vérifie les ouvrages avant qu’ils ne soient cachés.

Le CCMI s’applique-t-il à une extension ?

Le CCMI vise la construction d’une maison neuve. Pour une extension ou une rénovation, d’autres contrats s’appliquent, à vérifier au cas par cas.

Vous allez signer ou vous avez signé un CCMI ?

Faites suivre votre chantier par un expert indépendant : devis immédiat en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Code de la construction et de l’habitation, articles L231-1 à L231-13, L232-1, L271-1, R231-7 et R231-14, legifrance.gouv.fr
  • Loi n° 90-1129 du 19 décembre 1990 relative au contrat de construction d’une maison individuelle, legifrance.gouv.fr
  • Code civil, article 1792-6, legifrance.gouv.fr
  • Service-Public.fr, Contrat de construction d’une maison individuelle (CCMI), service-public.fr


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