Modifier son projet en cours de route : les avenants au CCMI
Une fenêtre plus grande, une cloison déplacée, un carrelage différent, une pièce ajoutée : il est fréquent de vouloir modifier son projet après la signature du CCMI. Ces changements sont possibles, mais doivent passer par un avenant écrit qui en fixe le contenu, le prix et l’effet sur le délai. Voici comment les sécuriser.
Avenants
Toute modification du projet après la signature d’un CCMI doit faire l’objet d’un avenant écrit, signé par le constructeur et par vous, qui décrit précisément le changement, son prix ou son économie, ses conséquences sur la notice descriptive, sur les plans et, le cas échéant, sur le délai d’exécution. Sans avenant, une modification demandée oralement est source de désaccords à la réception ; une modification imposée par le constructeur sans votre accord écrit n’a pas à être acceptée.
Ce guide explique comment rédiger et contrôler un avenant, et comment vérifier sur le chantier que la modification est bien réalisée.
Le contrat initial reste la référence
Le CCMI fixe un projet précis : plans, notice descriptive, prix, délai. Tant qu’aucun avenant n’a été signé, c’est ce projet qui engage le constructeur, et c’est lui que l’expert compare avec la réalité du chantier. Une modification n’existe juridiquement que si elle a été convenue par écrit.
Ce formalisme protège les deux parties. Pour vous, il évite de découvrir à la réception qu’une option demandée n’a pas été réalisée, ou qu’elle a été facturée plus cher qu’annoncé. Pour le constructeur, il évite qu’une demande verbale soit contestée ensuite. Lorsque vous changez d’avis sur un détail, même mineur, demandez systématiquement un avenant, ou au minimum une confirmation écrite précisant l’effet sur le prix.
Ce qu’un avenant doit préciser
La description de la modification. Elle doit être assez précise pour être contrôlée : nature des travaux, emplacement, matériaux, références des équipements, cotes si nécessaire. Un plan modifié doit être joint lorsque la modification touche la distribution ou les ouvertures.
Le prix. Plus-value ou moins-value, en montant TTC, avec l’indication du nouveau prix total. Vérifiez que la moins-value d’une prestation supprimée est bien déduite : supprimer une cheminée ou des volets roulants doit faire baisser le prix.
Le délai. Une modification peut justifier une prolongation du délai d’exécution, mais celle-ci doit être chiffrée en jours et motivée. À défaut de mention, le délai initial reste applicable.
Les conséquences réglementaires. Si la modification touche l’aspect extérieur, la surface ou l’implantation, un permis de construire modificatif peut être nécessaire. Qui le dépose, dans quel délai, et que se passe-t-il s’il est refusé ? L’avenant doit le dire.
L’échéancier et le financement
Une plus-value modifie le prix total, et donc le montant de chaque appel de fonds calculé en pourcentage. Vérifiez comment elle est répartie : un avenant ne doit pas permettre au constructeur d’exiger d’avance le paiement de travaux non réalisés, au-delà des plafonds de l’échéancier légal présenté dans notre article sur les appels de fonds.
Informez votre banque de toute modification significative du prix : le déblocage des fonds se fait sur la base du contrat, et un écart non financé peut bloquer un appel de fonds. Pour les petites modifications, prévoyez une réserve dans votre budget dès le départ.

Les situations à éviter
Les modifications « gratuites » promises oralement. Un conducteur de travaux qui accepte de déplacer une prise ou d’ajouter un point lumineux « sans supplément » rend service, mais sans écrit, rien ne garantit que la modification sera faite, ni qu’elle ne sera pas facturée.
Les modifications imposées par le constructeur. Un matériau indisponible, un équipement remplacé par un autre modèle : le constructeur ne peut pas modifier unilatéralement la notice. Il doit vous proposer un avenant, et vous pouvez refuser une substitution moins performante.
Les travaux réalisés par vos propres entreprises en cours de chantier. Ils doivent être coordonnés avec le constructeur et, si possible, formalisés : qui fait quoi, à quelle date, avec quelles responsabilités. Notre article sur les travaux réservés détaille ce point.
Quand demander une modification
Plus une modification est demandée tôt, plus elle est simple et peu coûteuse. Déplacer une cloison sur les plans avant le début des travaux ne coûte presque rien ; la déplacer une fois montée impose démolition et reprise. Les modifications de réseaux, comme l’emplacement des prises, des arrivées d’eau ou des évacuations, doivent être décidées avant la visite cloisons, au moment où les attentes sont posées.
Établissez votre liste de souhaits avant l’ouverture du chantier, en vous projetant dans chaque pièce avec votre mobilier, votre cuisine et vos équipements. Regroupez les demandes dans un seul avenant plutôt que d’en multiplier : c’est plus lisible pour vous, pour le constructeur et pour la banque.
Vérifier que l’avenant est respecté
Transmettez chaque avenant signé à votre expert. Lors des visites, il compare les ouvrages non plus avec le projet initial, mais avec le projet modifié : cloison déplacée, ouverture agrandie, équipement changé. Une modification oubliée se repère ainsi avant d’être recouverte.
À la pré-réception et à la réception, la liste des avenants sert de check-list complémentaire à la notice. Une prestation prévue par avenant et non réalisée est une réserve, au même titre qu’une prestation de la notice initiale. Conservez tous les avenants signés avec votre contrat : ils font partie du dossier de la maison, utile pendant toute la durée des garanties.

Trois modifications fréquentes et leurs conséquences
Agrandir une baie vitrée du séjour. La modification touche la façade, donc souvent le permis, la structure, avec un linteau plus long, et la performance thermique. L’avenant doit préciser les nouvelles dimensions, la référence de la menuiserie, le linteau prévu, le surcoût et le délai d’obtention du permis modificatif. L’expert vérifie lors de la visite gros œuvre que le linteau et les chaînages correspondent à la nouvelle ouverture, point particulièrement sensible en zone sismique.
Transformer un bureau en salle d’eau. La modification ajoute une évacuation, une arrivée d’eau, une ventilation et parfois une étanchéité sous carrelage. L’avenant doit décrire les équipements et leur emplacement, et la pente des évacuations doit être possible depuis cette pièce. Le contrôle intervient avant la pose des cloisons et de la chape, quand les réseaux sont visibles.
Supprimer une prestation pour la réaliser soi-même. Par exemple la cuisine ou les peintures. L’avenant doit chiffrer la moins-value et préciser l’état dans lequel les pièces vous seront remises : enduits faits ou non, attentes en place, plinthes posées. Ces travaux deviennent des travaux réservés, à votre charge et hors garanties du constructeur.
Dans chacun de ces cas, la précision de l’avenant conditionne la réception : plus il est détaillé, plus il est facile de vérifier que la modification a été réalisée comme convenu, et de formuler une réserve dans le cas contraire.
Garder une trace complète
Classez chronologiquement le contrat, ses annexes, chaque avenant, les plans modifiés et les courriers échangés. En fin de chantier, vérifiez que la notice descriptive à jour reflète l’ensemble des modifications. En cas de désaccord, à la réception ou pendant les garanties, ce dossier permet de démontrer ce qui avait été convenu.
Ce dossier vous sera aussi utile si vous revendez la maison pendant la période décennale : l’acquéreur et son notaire demanderont les justificatifs des travaux réalisés et des assurances.
Votre projet modifié, contrôlé
Nos experts intègrent vos avenants à leur contrôle et vérifient à chaque visite que les modifications convenues sont bien réalisées. Conditions détaillées sur notre page tarifs.
FAQ, les avenants au CCMI
Une modification doit-elle toujours faire l’objet d’un avenant ?
Oui, toute modification du projet doit être formalisée par écrit et signée par les deux parties pour être opposable.
Le constructeur peut-il changer un équipement sans mon accord ?
Non, il ne peut pas modifier unilatéralement la notice. Il doit vous proposer un avenant, que vous pouvez refuser.
Un avenant peut-il prolonger le délai ?
Oui, si la modification le justifie, à condition que la prolongation soit chiffrée et acceptée par écrit.
Faut-il un permis modificatif ?
Si la modification touche l’aspect extérieur, la surface ou l’implantation, souvent oui. L’avenant doit préciser qui le dépose.
La moins-value d’une prestation supprimée est-elle due ?
Oui, supprimer une prestation doit faire baisser le prix. Vérifiez que la moins-value figure à l’avenant.
Quand faut-il demander les modifications de prises ou d’arrivées d’eau ?
Avant la pose des réseaux, et au plus tard avant la visite cloisons.
Dois-je prévenir ma banque ?
Oui pour toute modification significative du prix, afin que le financement suive.
L’expert contrôle-t-il les avenants ?
Oui, si vous les lui transmettez : il compare les ouvrages avec le projet modifié.
Vous modifiez votre projet ?
Faites vérifier sur le chantier que les modifications sont bien réalisées : devis immédiat en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Sources
- Code de la construction et de l’habitation, articles L231-2 et R231-7, legifrance.gouv.fr
- Code de l’urbanisme, permis de construire modificatif, legifrance.gouv.fr
- ANIL, le contrat de construction de maison individuelle, anil.org




















