Les mentions obligatoires d’un CCMI et comment les vérifier
Un contrat de construction de maison individuelle doit comporter une liste de mentions fixée par la loi. Chacune protège un aspect de votre projet : le terrain, la conformité, le prix, les paiements, le délai, les assurances. Voici comment les repérer et les contrôler avant de signer.
Mentions
L’article L231-2 du Code de la construction et de l’habitation impose au CCMI avec fourniture du plan une série de mentions : désignation du terrain et titre de propriété, affirmation de la conformité du projet aux règles d’urbanisme et de construction, caractéristiques techniques de la maison, prix convenu et coût des travaux réservés, modalités de paiement, délai d’exécution et pénalités, références de l’assurance dommages-ouvrage et des garanties du constructeur.
Une mention absente ou incomplète n’est pas un détail de forme : elle peut fragiliser le contrat et, surtout, vous priver d’un moyen de contrôle. Prenez le temps de pointer chaque élément.
Désignation du terrain et conformité du projet
Le contrat doit désigner précisément le terrain sur lequel la maison sera implantée et mentionner votre titre de propriété ou les droits réels qui vous permettent de construire. Si le terrain n’est pas encore acquis, son acquisition figure parmi les conditions suspensives. Vérifiez que la référence cadastrale, la surface et l’adresse correspondent à votre acte ou à votre compromis.
Le contrat doit aussi affirmer la conformité du projet aux règles de construction et d’urbanisme. C’est un engagement du constructeur : une maison qui ne respecte pas le plan local d’urbanisme, les règles de prospect ou les prescriptions d’un plan de prévention des risques engage sa responsabilité. Rapprochez cette mention du permis de construire, dont la référence doit également figurer au dossier.
Les caractéristiques techniques, plans et notice
Le contrat décrit la consistance et les caractéristiques techniques du bâtiment, y compris les travaux d’adaptation au sol, les raccordements aux réseaux et les équipements indispensables à l’implantation et à l’utilisation de la maison. Concrètement, cette description passe par deux annexes : les plans (vues en plan, coupes, façades, avec cotes et surfaces) et la notice descriptive, établie selon un modèle réglementaire.
Le point clé est la complétude. Les travaux d’adaptation au sol, par exemple, dépendent de l’étude géotechnique : si le contrat les chiffre de manière forfaitaire sans référence à l’étude, demandez des précisions. Les raccordements à l’eau, à l’électricité, à l’assainissement doivent apparaître soit dans le prix, soit dans les travaux réservés. Notre article lire la notice descriptive donne la méthode poste par poste.
Prix convenu, travaux réservés et clause manuscrite
Le contrat doit indiquer le coût total du bâtiment, égal au prix convenu avec le constructeur augmenté du coût des travaux dont vous vous réservez l’exécution. Ces travaux réservés doivent être décrits et chiffrés par le constructeur, et vous devez les accepter par une clause manuscrite spécifique, paraphée, par laquelle vous en acceptez le coût et la charge.
Cette exigence a un but : éviter qu’un prix d’appel attractif cache des postes laissés à votre charge et sous-évalués. Lisez attentivement la liste et confrontez les montants à des devis réels, en particulier pour les raccordements, l’assainissement individuel, les terrassements extérieurs, les clôtures et les aménagements. Voir notre article travaux réservés au maître de l’ouvrage.
Le contrat précise aussi les modalités de révision du prix lorsqu’elles existent, dans les limites fixées par les textes, et les modalités de règlement à mesure de l’avancement des travaux, qui ne peuvent dépasser les plafonds légaux.

Ouverture du chantier, durée des travaux, pénalités
Le contrat indique la date d’ouverture du chantier, ou les conditions dans lesquelles elle sera fixée, et le délai d’exécution des travaux. Il prévoit les pénalités de retard, qui ne peuvent être inférieures à un trois-millième du prix par jour. Vérifiez que le délai est exprimé clairement, en mois à compter de l’ouverture du chantier, et repérez les causes de suspension prévues, comme les intempéries.
Un délai flou, une date d’ouverture laissée à la discrétion du constructeur sans limite, ou des pénalités inférieures au minimum légal sont des signaux d’alerte. Notre article retard de chantier et pénalités détaille vos recours.
Dommages-ouvrage, garantie de livraison, garantie de remboursement
Le contrat doit mentionner la référence de l’assurance dommages-ouvrage, que la loi met à la charge du maître de l’ouvrage et qui est le plus souvent souscrite par l’intermédiaire du constructeur. Il doit également comporter les justifications des garanties apportées par le constructeur : la garantie de livraison à prix et délais convenus et, le cas échéant, la garantie de remboursement des sommes versées avant l’ouverture du chantier.
Demandez une copie des attestations et vérifiez le nom de l’organisme garant. L’obtention de l’assurance dommages-ouvrage et de la garantie de livraison fait partie des conditions suspensives : sans elles, le chantier ne doit pas démarrer. Nos articles sur l’assurance dommages-ouvrage et la garantie de livraison expliquent leur rôle.
Enfin, le contrat rappelle que vous pouvez vous faire assister par un professionnel lors de la réception. C’est une information utile, à relier aux règles du délai de huit jours expliquées dans notre article sur le délai après la réception.
Vérifier son CCMI en une heure : la check-list
Avant de signer, prenez une heure au calme avec le contrat, ses annexes et votre permis ou votre dossier de demande. Procédez dans l’ordre suivant.
1. Le terrain. Comparez la désignation du terrain avec votre acte ou votre compromis : adresse, références cadastrales, surface. Vérifiez que l’acquisition figure parmi les conditions suspensives si elle n’est pas encore faite.
2. Les plans. Contrôlez les surfaces de chaque pièce, les hauteurs sous plafond, l’emplacement des ouvertures, l’orientation de la maison sur le plan de masse. Ce sont ces documents que l’expert utilisera pour contrôler le chantier.
3. La notice. Parcourez chaque poste et soulignez les mentions vagues, comme « ou équivalent » sans référence, « selon choix du constructeur » ou « non compris ». Demandez des précisions écrites.
4. Le prix. Additionnez le prix convenu et les travaux réservés, puis comparez ces derniers à des devis réels. Vérifiez la présence de la clause manuscrite.
5. Les paiements. Contrôlez que l’échéancier ne dépasse pas les plafonds légaux et que rien n’est exigé avant l’ouverture du chantier en dehors du dépôt de garantie ou des acomptes autorisés.
6. Le délai. Repérez la durée des travaux, le point de départ, les causes de suspension et le montant des pénalités.
7. Les garanties. Demandez les attestations de garantie de livraison et d’assurance dommages-ouvrage, ou le calendrier de leur obtention.
Notez vos questions et posez-les par écrit au constructeur. Les réponses écrites engagent davantage que les échanges oraux, et vous serviront de référence pendant tout le chantier.

Un regard d’expert sur votre projet
Nos experts étudient votre contrat, la notice et les plans avant la première visite, pour contrôler sur le chantier ce qui a réellement été promis. Conditions détaillées sur notre page tarifs.
FAQ, les mentions obligatoires du CCMI
Que se passe-t-il si une mention obligatoire manque ?
Selon la mention concernée, le contrat peut être fragilisé et vos recours renforcés. Une consultation juridique permet d’en mesurer la portée ; dans tous les cas, demandez la régularisation avant de signer.
Le permis de construire doit-il être obtenu avant de signer ?
Non, son obtention est en général une condition suspensive. Sa référence doit en revanche figurer au dossier une fois obtenu.
La clause manuscrite est-elle vraiment obligatoire ?
Oui, pour les travaux dont vous vous réservez l’exécution : vous devez accepter leur coût et leur charge par une clause écrite de votre main et paraphée.
Le constructeur peut-il fixer librement la date d’ouverture du chantier ?
Le contrat doit indiquer la date d’ouverture ou les conditions de sa fixation. Une date indéterminée sans encadrement doit vous alerter.
Les plans font-ils partie du contrat ?
Oui, ils sont annexés au contrat et décrivent la maison avec ses cotes et surfaces. Ce sont eux que l’expert compare avec la réalité du chantier.
Qui souscrit l’assurance dommages-ouvrage ?
La loi la met à la charge du maître de l’ouvrage. En CCMI, elle est le plus souvent souscrite par l’intermédiaire du constructeur, et sa référence figure au contrat.
Comment vérifier la garantie de livraison ?
Demandez l’attestation de l’organisme garant et vérifiez qu’elle porte bien sur votre chantier. Le chantier ne doit pas démarrer sans elle.
Faut-il faire relire son CCMI ?
C’est recommandé pour un engagement de cette importance. Un juriste ou une association de consommateurs peut vérifier les clauses, un expert en bâtiment la cohérence technique.
Vous préparez votre CCMI ?
Préparez aussi le contrôle de votre chantier : devis immédiat en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Sources
- Code de la construction et de l’habitation, articles L231-1, L231-2, L231-4, L231-6 et R231-14, legifrance.gouv.fr
- Code des assurances, article L242-1 (assurance dommages-ouvrage), legifrance.gouv.fr
- Service-Public.fr, Contrat de construction d’une maison individuelle (CCMI), service-public.fr




